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Bières, vins, sans alcool : avec quoi trinquent les Rennais ?

Le marché de la boisson à Rennes est en constante évolution. Face aux nouveaux besoins des consommateurs et de la société, l’industrie innove, se réinvente.

Depuis quelques années, deux caves sans alcool se sont implantées dans le centre-ville de Rennes. L’une d’entre elles, Soif, est ouverte depuis plus d’un an, non loin de République. Arnaud Bonté, co-fondateur de l’établissement, voit sa clientèle grandir et n’a pas peur de dire que le “sans alcool” va prendre une place importante dans la consommation des Français. Un marché en hausse expliqué, d’abord, par une envie de “garder le contrôle” chez les jeunes de 18-25 ans. Mais aussi par le désir de la population française de tendre vers un mode de vie équilibré : faire du sport, prendre soin de soi, manger et boire mieux. “Le client recherche une manière d’accompagner son repas avec une alternative sans sucre et bonne pour sa santé”, relate Arnaud Bonté. Le marché des boissons pro et prébiotiques (boisson ne contenant pas de micro-organismes vivants, mais plutôt des fibres alimentaires servant de nourriture aux bonnes bactéries de notre intestin) est en constante progression, une étude du Labo Dumoulin effectuée entre septembre 2024 et septembre 2025 indique que les ventes de kombucha, par exemple, ont augmenté de 168 % et celles du kéfir de 88%.

 

 

“Une raclette se marie très bien avec un kombucha”

 

Les clients professionnels de la cave sans alcool, entreprises comme restaurants du centre-ville de Rennes, voient la demande augmenter pour leurs événements.
L’école Ferrandi, établissement d’études supérieures spécialisé dans l’hôtellerie-restauration, travaille aussi régulièrement avec Soif. “Les futurs chefs de demain savent que c’est un type de produit important à savoir prendre en main. Ils font de nombreux exercices autour de l’élaboration de cocktails sans alcool. L’enjeu actuel, afin de s’adapter à la demande, est aussi de trouver de nouveaux accords avec les mets”, explique Arnaud Bonté.
Certains consommateurs restent sceptiques quant au vin sans alcool, qui “dénature le goût”. Le caviste en convient. Pour cette raison, il propose de ne pas offrir des “copies” aux consommateurs mais plutôt des alternatives : “Étonnamment une raclette se marie très bien avec un kombucha nature, par exemple”. Cette nouvelle façon d’allier le verre et l’assiette vient donc révolutionner l’art de la table, jusqu’à bousculer les caves les plus traditionnelles.

 

“Boire moins mais boire mieux”

 

Même la cave à vin la plus ancienne de Rennes, le Cellier Saint-Germain, a dû s’adapter aux nouvelles demandes des clients et confirme cette tendance. Guillaume Nédélec y travaille depuis 20 ans et propose désormais une petite sélection de produits sans alcool. “Nous n’avons pas perdu notre clientèle, qui reste fidèle. Cependant, leur manière de consommer a clairement changé. Ils boivent moins mais mieux.” La qualité prime mais les alternatives aussi. On retrouve au sein de la gamme du vin blanc et rosé ainsi que certaines bières à 0%. “Même si le sans-alcool tient pour l’instant ses promesses, je ne suis pas encore convaincu par la gamme de vin rouge”, grimace le caviste. Ce nouveau mode de consommation gagne du terrain sur le marché de la boisson, continuant de convaincre par ses atouts bon nombre de Rennais. Mais du chemin reste à faire avant de détrôner l’alcool, véritable institution dans les ménages et sur les terrasses.

Quelques chiffres sur la consommation d’alcool et de sans-alcool en France : 

  • 82,5 % des adultes ont consommé de l’alcool au cours des 12 derniers mois
  • Le vin est en hausse et devient l’alcool préféré des 18-25 ans
  • En 2025, 49 % des Français consomment des boissons sans ou à faible teneur en alcool (No-Low). Ce chiffre grimpe à 51 % chez les 18-25 ans, traduisant une légère baisse de la consommation de produits alcoolisés.

Légende photo : Aujourd’hui, la gamme de produits sans-alcool s’élargit, rencontrant du succès auprès d’une multitude de consommateurs. ©Clément Gueguen